Caricature : Le plouc guidant le Peuple Libre

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Il est des hommes que leur naissance semble devoir tenir éloignés des tribunes, des salons et de ces cénacles où l’on disserte avec gravité sur les affaires du monde. Celui-ci venait du lointain Pendjab, de ces terres rurales que l’élégance citadine regarde parfois avec une indulgence mêlée de condescendance. On l’avait même qualifié de « plouc » — terme fort commode lorsque l’on préfère assigner un homme à son origine plutôt que d’écouter ce qu’il a à dire.

Mais la véritable noblesse ne procède ni du nom, ni de la fortune, ni de l’art consommé des bonnes manières. Elle réside davantage dans la constance avec laquelle on défend un principe que l’on tient pour essentiel. Et voici que l’homme des campagnes, en apparence si éloigné des usages de l’aristocratie intellectuelle, se fait le héraut d’une liberté fondamentale : celle de parler, de contredire, d’interroger et, lorsqu’il le faut, de déplaire.

Le paradoxe n’est qu’apparent. Car le Peuple Libre n’a nul besoin d’un maître à penser ; il lui faut seulement des voix assez indépendantes pour lui rappeler qu’aucune élite ne saurait revendiquer le monopole de la pensée. Ainsi, le « plouc » cesse d’être une injure et devient presque un titre de distinction : celui d’un homme venu des marges, mais résolu à défendre, au cœur de la cité, une liberté qui appartient à tous.

Asad ISHFAQ
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