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Carnet du Pakistan – Jour 4 : De l’armée pakistanaise à la mosquée Wazir Khan, entre mémoire, enfance et soif d’histoire

Carnet du Pakistan – Jour 4

De l’armée pakistanaise à la mosquée Wazir Khan, entre mémoire, enfance et soif d’histoire

Cette quatrième journée m’a conduit au Pakistan Army Museum de Lahore, où j’ai pu mesurer l’importance que l’institution militaire occupe dans l’histoire et dans l’imaginaire national pakistanais.

Dès mon arrivée, j’ai compris qu’il ne s’agissait pas seulement d’une exposition de véhicules, d’uniformes et d’armes. Le musée racontait une certaine vision du Pakistan, de sa naissance, de ses conflits, de ses sacrifices et du rôle central joué par l’armée dans la construction du pays.

Une rencontre au musée

Au cours de la visite, j’ai fait connaissance avec un employé du musée, avec qui je me suis entretenu en anglais.

Il m’a notamment parlé de la manière dont les populations locales avaient été traitées sous la colonisation britannique. Il m’a montré une représentation qui traduisait la brutalité à l’époque de la colonisation : celle d’un homme attaché à un canon, destinée à rappeler les violences attribuées aux forces coloniales et à la Compagnie britannique des Indes orientales.

Cette scène m’a marqué. Elle matérialisait une histoire dont on parle parfois de manière abstraite, mais qui prenait ici une forme immédiate et presque insoutenable.

Je lui ai également raconté mon histoire familiale, intimement liée aux forces armées pakistanaises puisque mon grand-père avait servi dans la Pakistan Air Force.

Cette confidence donnait une dimension plus personnelle à notre échange. Je n’étais plus seulement un visiteur curieux : je me trouvais face à une institution qui avait aussi traversé l’histoire de ma propre famille.

L’employé m’a également parlé du retour au Pakistan de certains objets liés à la civilisation de l’Indus. Je lui ai alors suggéré qu’il pourrait être intéressant de développer des échanges culturels avec des musées français, notamment à travers des expositions temporaires ou des partenariats patrimoniaux.

À l’issue de cet échange cordial, nous avons échangé nos numéros de téléphone.

Un visiteur qui aspire les données

La visite s’est poursuivie et, fidèle à mon goût du détail, j’ai photographié presque tout ce qui attirait mon attention.

J’avais littéralement l’impression d’aspirer les données du musée afin de pouvoir les étudier plus tard, en apprenti historien, avec l’aide de l’intelligence artificielle et de mes propres recherches.

Je ne suis décidément pas un visiteur ordinaire. Là où certains regardent rapidement une pièce avant de passer à la suivante, je cherche à comprendre les objets, les inscriptions, leur contexte, leurs origines et les récits qu’ils produisent.

Cette accumulation de photographies n’était donc pas seulement une collection de souvenirs. Elle constituait déjà une réserve documentaire pour de futures recherches.

Des visiteurs venus d’ailleurs

J’ai également remarqué un groupe composé de plusieurs hommes qui me semblaient américains ou britanniques, accompagnés d’une femme que j’ai supposée japonaise.

Ils étaient arrivés au musée à peu près au même moment que nous.

Cette présence internationale m’a fait sourire. J’y ai vu, peut-être de manière très personnelle, un signe que je devrais un jour poursuivre mes propres explorations aux États-Unis et au Japon.

Chez moi, les rencontres et les détails les plus ordinaires deviennent facilement des invitations au voyage.

Les chars capturés et les rêves de l’enfant que j’étais

À l’extérieur, j’ai pris soin de poser devant des chars indiens présentés comme ayant été capturés par l’armée pakistanaise.

En fin de visite, j’ai également acheté une casquette et un couvre-chef portant les insignes de l’armée pakistanaise.

Ce geste était plus émouvant qu’il n’y paraissait. J’avais presque l’impression de me réconcilier avec l’enfant que j’avais été, celui qui avait longtemps rêvé de devenir soldat pakistanais pour défendre le pays contre l’Inde, alors perçue comme l’ennemie.

J’ai aussi pu prendre place dans deux aéronefs exposés, un avion ou un hélicoptère afin de réaliser quelques photographies souvenirs.

En observant les chars, les hélicoptères et les pièces d’artillerie antiaérienne, un détail m’a interpellé : la coexistence de matériels de fabrication américaine et soviétique.

Sans m’y attarder suffisamment ce jour-là, j’y ai vu un indice de la complexité des alliances, des achats militaires et de l’histoire géopolitique du Pakistan.

Du rêve militaire au rêve diplomatique

Cette visite a produit en moi une forme de reprogrammation volontaire.

Elle m’a permis de confronter l’image d’enfance que je me faisais de l’armée pakistanaise à une compréhension plus adulte, plus historique et plus nuancée de son rôle.

J’ai retrouvé une partie de mes rêves anciens, mais je les ai aussi transformés.

Aujourd’hui, je me rêve davantage en diplomate qu’en soldat pakistanais. Je ressens toujours le désir de servir, de protéger et de contribuer, mais par d’autres moyens : le dialogue, la culture, l’histoire, les échanges intellectuels et le rapprochement entre les peuples.

Une pause à Khan Burger

Après la visite, nous avons quitté le musée et pris la direction d’un ensemble commercial disposant de restaurants, de commerces et d’une pharmacie.

À un moment, notre voiture s’est arrêtée devant un établissement appelé Captain Cuisine. J’ai trouvé curieusement plaisant de voir le mot français « cuisine » apparaître au Pakistan, comme la persistance d’une connexion invisible entre ce pays, la France et moi-même.

Nous avons finalement mangé chez Khan Burger, à Lahore.

Fidèle à mes habitudes relativement saines — et, je dois l’avouer, à mon goût pour les choix symboliques — j’ai commandé une salade russe.

Ce choix n’était pas entièrement neutre. J’y voyais presque une manière de préparer symboliquement un futur voyage en Russie, dans les pas de Michel Strogoff, le héros du roman de Jules Verne qui m’avait autrefois plongé dans l’univers fascinant de la Russie tsariste.

Chez moi, même une salade peut devenir un acte d’exploration.

Le Lahore Museum fermé et Wagah trop loin

Je souhaitais initialement visiter le Lahore Museum avec le même esprit de curiosité que celui qui m’avait animé au Pakistan Army Museum.

Malheureusement, il était fermé ce jour-là. J’ai supposé que cela pouvait être lié au vendredi, sans toutefois en avoir la certitude.

Nous avons également envisagé de nous rendre à Wagah Border, connue pour sa cérémonie spectaculaire entre le Pakistan et l’Inde.

Mais le trajet semblait long, la prochaine cérémonie approchait rapidement et la chaleur était redoutable. Nous avons donc renoncé.

Il fallait trouver une autre destination.

Delhi Gate et l’entrée dans le vieux Lahore

J’ai alors proposé de visiter la mosquée Wazir Khan, que ChatGPT m’avait présentée comme un lieu remarquable pour son architecture moghole.

Nous sommes arrivés à Delhi Gate, dont l’entrée monumentale marquait l’accès à une partie ancienne de Lahore.

Derrière cette porte s’étendait un marché aux bâtiments venus d’une autre époque. Les façades, les ruelles, les commerces et l’atmosphère donnaient le sentiment de pénétrer dans une ville historique encore habitée et active.

J’y ai bu un shikanjvi, une boisson citronnée particulièrement appréciable sous la chaleur.

J’ai également aperçu des touristes occidentaux en train de faire des achats, preuve que ce quartier attire des visiteurs venus de loin tout en demeurant un espace de vie local.

Après avoir traversé ce marché, nous sommes ressortis par une autre ouverture architecturale semblable, avant d’atteindre la mosquée Wazir Khan.

La mosquée Wazir Khan, merveille moghole

Je dois le dire : je n’ai pas été déçu.

La mosquée Wazir Khan m’a immédiatement rappelé certaines architectures religieuses iraniennes par l’abondance de ses décors, ses couleurs, ses motifs et le raffinement de ses surfaces.

En contemplant cette merveille, mille questions me sont venues à l’esprit.

Qui étaient les artisans ? Comment les motifs avaient-ils été conçus ? Quelles influences persanes, mogholes, locales ou centre-asiatiques se mêlaient dans l’édifice ? Comment les couleurs avaient-elles traversé les siècles ? Quelle place la mosquée occupait-elle autrefois dans la ville ?

J’ai pris des photographies et des vidéos, cherchant une fois encore à conserver chaque détail pour pouvoir l’étudier ultérieurement.

J’y ai également prié.

Un tombeau et la récitation de la Fatiha

Dans un espace situé en contrebas se trouvait un tombeau appartenant vraisemblablement à une personne importante.

Suivant mes traditions religieuses, j’y ai récité la Fatiha.

Ce moment ajoutait une dimension spirituelle à la visite. Je n’étais plus seulement dans l’observation historique ou architecturale. Je me trouvais aussi dans un lieu vivant, habité par la prière, la mémoire et les gestes transmis.

Marcher sur les briques brûlantes

En ressortant, je me suis promené dans la cour de la mosquée.

Le sol, composé de briques soigneusement agencées, était brûlant sous l’effet du soleil. Pour rejoindre une zone couverte, il fallait traverser cet espace exposé à la chaleur.

Les responsables du lieu avaient installé un long passage en tissu ainsi qu’une forme de chapiteau ou d’abri afin de protéger les visiteurs et les fidèles.

Des portes qui réveillent la mémoire

J’ai aussi remarqué de grandes portes en bois massif.

Elles ont immédiatement réveillé des souvenirs d’enfance liés à la maison de mes grands-parents, où se trouvaient des portes d’un style comparable.

Ce détail architectural créait un pont inattendu entre la grandeur d’une mosquée moghole et l’intimité de ma mémoire familiale.

L’histoire monumentale rejoignait soudain l’histoire domestique.

Après avoir photographié les moindres détails qui m’interpellaient, j’ai quitté Lahore avec le groupe.

Rester sur sa faim

À la fin de cette journée, je demeurais pourtant sur ma faim.

Non pas parce que les visites avaient été décevantes, mais précisément parce qu’elles avaient ouvert trop de portes.

Le musée de l’armée pakistanaise m’avait reconnecté à mon histoire familiale, à mes rêves d’enfance et à ma réflexion sur le rôle des institutions. La mosquée Wazir Khan avait éveillé une soif immense de connaissances historiques, artistiques et architecturales.

Je réalisais à quel point ce passé ancestral demeurait encore largement inconnu pour moi.

Plus je découvre le Pakistan, plus je comprends que je ne le connais pas.

Et plus je prends conscience de mon ignorance, plus mon désir d’apprendre devient intense.

Texte original rédigé avec l’assistance de l’intelligence artificielle.

Asad Ishfaq

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